Tra veleno e antidoto

Autore:  Claire-Lise Rimaz Pubblicato 22 Settembre 2025

Questo articolo è disponibile esclusivamente in francese o tedesco.


Condividi

Chère lectrice, cher lecteur,

Qu’est-ce qui rend le travail toxique? Alors que les entreprises introduisent des cours de yoga et nomment des Chief Happiness Officers, un tiers des actifs suisses déclarent souffrir d’épuisement émotionnel. Cette simultanéité n’est pas fortuite – elle révèle une vérité profonde sur le travail toxique que nous explorons dans ce numéro.

En tant que cadres dirigeants, vous portez une double responsabilité. Vous pouvez être victimes de dynamiques toxiques – pris en étau entre des exigences contradictoires, piégés dans ce que notre dossier principal décrit comme la «position sandwich» du management intermédiaire. Parallèlement, vous êtes aussi de potentiels instigateurs: chaque signal ignoré, chaque résolution de conflit reportée contribue à la toxicité. Comme le souligne Claudia Stam dans sa prise de position: «Le travail toxique n’est pas un dysfonctionnement individuel, mais l’expression de défaillances structurelles.»

Cette dualité est inconfortable, mais elle représente aussi une opportunité. Qui connaît les deux faces peut agir de manière plus lucide. Qui comprend avec quelle facilité on devient soi-même partie du problème – notamment à travers ce que la Prof. Heike Bruch analyse dans la rubrique Tendance comme «énergie corrosive» – devient plus attentif dans son propre leadership.

La vérité est qu’il n’existe pas de solutions simples. Ni le rejet radical de toutes les mesures de bien-être, comme le propose de façon provocante Yves-Alexandre Thalmann dans l’interview, ni la confiance aveugle dans les nouvelles modes managériales ne nous feront progresser. Ce qu’il faut, c’est le courage du diagnostic honnête et l’humilité d’accepter que le travail – malgré tout l’épanouissement possible – implique toujours aussi une part d’effort.

Ce magazine ne peut répondre à toutes les questions mais il peut inviter au dialogue. En effet, l’étude du travail toxique nous enseigne une chose: les poisons les plus dangereux sont souvent ceux dont nous taisons l’existence. Même le spécialiste du désamiantage Roman Randa le dit dans «Le dernier mot»: «Le poison se trouve moins dans le matériau – il réside dans l’ignorance.»

Brisons le silence.

Claire-Lise Rimaz 
Directrice Swiss Leaders