Plus d’intelligence émotionnelle!

Auteur:  Claire-Lise Rimaz Publié 17 décembre 2024
Portrait de Claire-Lise Rimaz, vêtue de noir.

La question n’est plus de savoir si l’intelligence artificielle est utile ou dangereuse, car cette vision binaire mène à une impasse. Aujourd’hui, il s’agit de comprendre comment cette technologie transforme notre société, et de nous interroger sur le rôle que nous, en tant que dirigeants, voulons jouer dans la mise en œuvre de ce changement.


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Chers lecteurs, chères lectrices,

«Il ne suffit pas d’implémenter l’IA.» Voilà ce que déclare Jennifer Victoria Scurrell, chercheuse à l’ETHZ, dans notre article Focus sur l’intelligence artificielle. Cette phrase en dit bien plus que ce que la scientifique ajoute par la suite, à savoir qu’il faut que nous soyons tous sensibilisés et formés à cette technologie. De fait, elle montre surtout que la question n’est plus de savoir si l’intelligence artificielle est utile ou dangereuse, car cette vision binaire mène à une impasse. Aujourd’hui, il s’agit de comprendre comment cette technologie transforme notre société, et de nous interroger sur le rôle que nous, en tant que dirigeants, voulons jouer dans la mise en œuvre de ce changement.

Isabelle Chappuis, experte en IA et conseillère nationale vaudoise, plaide pour une influence accrue et réfléchie. Dans l’interview, elle va droit au but: «Nous devons aller au-delà de la simple anticipation des défis. L’avenir n’est pas une projection linéaire du présent.» C’est pourquoi nous devons commencer à le façonner avec curiosité, créativité et courage. Selon elle, les problèmes pourraient être anticipés et évités, plutôt que d’attendre qu’ils se produisent pour les résoudre.

Une étude réalisée par «la plateforme», une association de huit associations d’employés et professionnelles (dont Swiss Leaders), révèle à quel point la demande de la conseillère est brûlante d’actualité. Si la moitié des employés utilisent déjà l’IA dans leur quotidien professionnel, seules 23% des entreprises disposent d’une stratégie correspondante.

Cela étant, le fait que presque tous les acteurs souhaitent encore plus d’informations et de directives peut être considéré comme un bon signe: dans notre article «Point de vue», le conseiller national Balthasar Glättli estime qu’il est désormais essentiel d’évaluer concrètement les risques et d’instaurer une plus grande transparence sur l’usage de cette technologie. L’expert en technologie de l’information met en garde, comme bon nombre de ses pairs d’ailleurs, contre l’idée de laisser les géants technologiques dominer l’innovation.

Une fois de plus, l’émergence d’une révolution technologique impose de nouveaux défis aux dirigeants. Nous devons exploiter les opportunités et les possibilités qu’offre l’IA. En revanche, et c’est là que les choses deviennent intéressantes, nous devons plus que jamais mettre en avant nos qualités humaines. Car à l’heure où les machines vont bientôt nous surpasser en termes de capacité cognitive, comme l’explique l’expert en IA Stephan Siegfried dans l’article «Tendance», les qualités humaines telles que la créativité, la pensée critique et l’intelligence émotionnelle deviendront d’autant plus importantes.

Dans cet esprit, je vous souhaite une lecture inspirante et le courage de façonner activement l’avenir, plutôt que de simplement le subir.

Claire-Lise Rimaz 
Directrice Swiss Leaders