Les CFF cartographient les compétences de leurs seniors, Swisscom compose volontairement des équipes mixtes en âge, Axa et Pro Senectute misent sur le mentorat croisé et inversé: jusqu’à cinq générations travaillent ensemble au sein des entreprises suisses. Mais cette diversité ne devient un levier de performance qu’avec un management qui capte les besoins de chacun et transmet, dans les deux sens, l’expérience comme les compétences numériques.
C’est une puissante lame de fond qui va durablement métamorphoser l’économie suisse. Depuis 2019, la Suisse compte chaque année davantage de personnes qui fêtent leur 65e anniversaire que leur 20e, et la bascule s’accélère: fin 2025, pour la première fois, les plus de 65 ans y étaient plus nombreux que les moins de 20 ans – 1,81 million contre 1,80. D’ici à 2050, l’Office fédéral de la statistique (OFS) table, dans son scénario de référence, sur quelque 2,6 millions de personnes de 65 ans et plus; fin 2019, elles étaient 1,6 million. Sur le marché du travail, le changement est déjà là: entre 2014 et 2024, le taux d’activité des 55-64 ans a progressé de 6,1 points, à 77,8 %.
Cette intergénérationnalité impose de nouveaux défis aux PME, contraintes de faire évoluer leur politique RH, leur management et leur culture d’entreprise afin de mener une cohabitation réussie entre les âges. Un enjeu de taille que beaucoup d’entreprises