Cosa significa «prosperità»? Una questione di valore(i).

Autore:  Jonathan NormandClaire-Lise Rimaz Pubblicato 25 Marzo 2025
Ritratto di Jonathan Normand e Claire-Lise Rimaz insieme.

Questo contenuto è disponibile esclusivamente in francese o in tedesco.


Condividi

Chers lecteurs, chères lectrices,

«Ce n’est que lorsque le dernier arbre sera abattu, la dernière rivière empoisonnée et le dernier poisson pêché que vous réaliserez que l’argent ne se mange pas». Cette soi-disant prophétie des Indiens Cree nous accompagne depuis plus de cinquante ans. Elle nous rappelle avec force que notre conception de la prospérité a besoin d’une correction fondamentale – loin de la fixation unilatérale sur les valeurs monétaires, vers une compréhension globale qui tient compte des véritables sources du bien-être humain. Car comme le soulignait déjà en 1944 Simon Kuznets, le «père» du PIB, ce dernier mesure tout – sauf ce qui fait que la vie vaut la peine d’être vécue.

Ce numéro de LEADER est consacré à la redéfinition de la notion de prospérité. La Swiss Impact & Prosperity Initiative (SIPI), lancée par la fondation B Lab, marque une étape pionnière dans cette direction. Dans la rubrique Focus, seize personnalités de premier plan issues du monde de l’économie, de la politique et de l’administration expliquent comment nous pouvons développer une mesure plus holistique de la prospérité – un concept qui intègre des composantes écologiques et sociales. L’objectif du SIPI est d’établir un instrument de mesure inédit, innovant et pratique, qui permette une évaluation plus authentique de l’état réel de la société.

André Hoffmann, vice-président de Roche, soutient ce projet et résume le défi dans une interview: «Ce qui est décisif, ce n’est pas comment on dépense l’argent, mais comment on le gagne». Les entreprises doivent créer de la valeur, pas seulement des bénéfices. Elles doivent apporter une contribution à la société. C’est la seule voie vers une prospérité durable et réelle. Bien sûr, cela nécessite un changement radical de paradigme, mais surtout des efforts coordonnés et largement soutenus par les secteurs public et privé.

Il est d’autant plus important d’aller de l’avant avec détermination à une époque où nous observons des reculs dans de nombreux domaines à l’échelle mondiale. Nous devons nous accrocher aux changements que nous savons indispensables pour notre avenir. C’est l’occasion de positionner la Suisse comme un modèle de prospérité responsable et de ne pas prendre de décisions «schizophréniques» qui ignorent la science.

La première étape consiste à reconnaître une vérité fondamentale. Ce qui est purement monétaire n’a pas de sens: il est temps de redéfinir la prospérité.

Claire-Lise Rimaz 
Directrice de Swiss Leaders

Jonathan Normand 
CEO de B Lab Switzerland